1.7 Tableau-synthèse des expériences
Le tableau-synthèse 1.7 contient des renseignements sur les 327 expériences répertoriées dans cette bibliographie, les expériences étant issues de 277 études. Ces renseignements sont regroupés comme suit.
1.7.1 Première colonne du tableau-synthèse 1.7
Dans le présent ouvrage, lunité centrale est lexpérience plutôt que létude. Cette distinction simpose puisquune étude peut décrire plus dune seule expérience. Létude dAlesandrini et Rigney (1981) par exemple, comme lindique le chiffre suivant lannée de parution, décrit deux expériences, celle de Abel et Kulhavy (1986) une seule:
- Alesandrini et Rigney (1981:1);
- Alesandrini et Rigney (1981:2);
- Abel et Kulhavy (1986).
Dans le tableau-synthèse, une étude occupe autant de rangées quelle décrit dexpériences, à moins que les expériences ne soient pas toutes pertinentes compte tenu de la délimitation thématique et méthodologique de louvrage. Par exemple, la deuxième expérience de Bransford et Johnson (1972) nest pas retenue ici.
1.7.2 Deuxième colonne du tableau-synthèse 1.7
Les expériences du tableau-synthèse 1.7 contiennent généralement au moins une variable indépendante portant sur lillustration. Pour des raisons de simplicité, nous lappellerons la " variable picturale ". Cette variable permet détudier diverses oppositions reliées dune manière ou dune autre à lillustration: texte avec ou sans illustration, texte accompagné de divers types dillustrations, lien spatio-temporel entre lillustration et le texte, illustration vs texte, etc. Délimité de cette façon, cet ouvrage exclut les études où lillustration, seule ou en combinaison avec le mode verbal, sert essentiellement dinstrument de mesure ou dévaluation (ex.: test de Peabody, test de Rorschach), et sans quil soit comparé à dautres. Ainsi, nous mettons de côté les nombreuses études expérimentales ou descriptives (et en particulier les recherches-action en milieu scolaire) qui se servent de lillustration comme moyen dévaluation, mais sans problématiser ses conditions dutilisation sous forme de variable.
Malgré la diversité des variables picturales, qui sont généralement manipulées expérimentalement, certains types de comparaison émergent par la quantité de recherches qui y sont consacrées. Les comparaisons les plus importantes sur le plan quantitatif sont traitées dans des chapitres et sections à part. En voici un résumé.
Les expériences qui comparent les versions illustrée et non illustrée dun texte sont catégorisées en fonction du type de mesure (2.2: compréhension; 2.3: temps; 2.4: préférences). Dans le cas des mesures de compréhension, leur nombre justifie une sous-catégorisation en fonction de la nature de la variable picturale (2.2.2 - 2.2.8).
Les hyperliens de la deuxième colonne du tableau-synthèse 1.7 vous permettent d'accéder directement aux sections suivantes:
L'effet de l'illustration sur la compréhension de texte (chap. 2.2). La variable picturale permet de comparer la version non illustrée avec (au moins) une version illustrée du même texte. Cest cette comparaison qui a inspiré le plus grand nombre détudes picto-verbales. En comparant les versions illustrée et non illustrée dun même texte, on peut étudier de la manière la plus simple le rôle que joue lillustration par rapport au texte. Lhypothèse sous-jacente de ces expériences prévoit généralement une différence significative entre les deux conditions expérimentales, et souvent une en faveur de la version illustrée. Lorsquil ny a pas de différence significative, on dira que lillustration constitue un facteur négligeable, cest-à-dire sans incidence visible sur le comportement cognitif ou affectif des sujets. Les comparaisons de la version non illustrée avec une version picturale délibérément incompatible avec le texte ne sont pas codifiées dans cette colonne, à moins que lexpérience contienne en plus une version illustrée compatible avec le texte (p. ex. Bransford et Johnson, 1972:1; Grinnell, 1982; Ketcham et Heath, 1962). Par ailleurs, nous avons indiqué au moyen de parenthèses les expériences qui ne permettent pas une interprétation non ambiguë des résultats. Cette situation peut se produire à cause de la présence dune variable parasite, indissociable de la variable picturale, ou encore à cause de la nature particulière de lhypothèse étudiée dans certaines expériences (pour plus de détails, voir chap. 2.2). Sauf exception, la comparaison expérimentale des versions illustrée et non illustrée est réalisée au moyen de groupes indépendants de sujets (i.e. comparaison intergroupes).
L'effet de l'illustration sur les mesures de temps (chap. 2.3). Dans ces expériences, on étudie leffet de lillustration sur le temps: temps de lecture, temps consacrée à la tâche expérimentale, etc.
L'effet de l'illustration sur les préférences / attitudes (chap. 2.4). On y étudie leffet de lillustration sur les préférences et attitudes des sujets à légard du texte.
Les expériences des sections suivantes permettent détudier sil y a interaction de lillustration (i.e. texte illustré vs texte non illustré) avec une deuxième variable:
Illustration x âge (chap. 3.2)
Illustration x aptitude (chap. 3.3)
Illustration x connaissances préalables (chap. 3.4)
Illustration x niveau d'importance (chap. 3.5)
Illustration x type d'information (chap. 3.6)
Illustration x mode d'appréhension (chap. 3.7)
Illustration x délai (chap. 3.8)
Dans les chapitres 2 et 3, létude de lillustration se fait à partir de la comparaison entre la version illustrée et la version non illustrée dun même texte. Lorsquune étude contient plusieurs versions illustrées, chacune delles est comparée à la version non illustrée. Dans les expériences mentionnées au chapitre 4, par contre, la variable picturale permet de comparer deux ou plusieurs versions illustrées dun même texte. Les auteurs de ces études tiennent déjà pour acquis que lillustration exerce réellement un impact sur le texte et poursuivent un objectif qui va plus loin: identifier les éléments spécifiques de lillustration qui sont efficaces.
Le réalisme pictural (chap. 4.2). Le mode pictural se prête à des degrés dabstraction variables. Pour plusieurs chercheurs, cette flexibilité du mode pictural savère une caractéristique fondamentale qui loppose comme aucune autre au mode verbal / linguistique. Dans plusieurs expériences de Dwyer et de ses collaborateurs, le degré dabstraction de lillustration est étudié au moyen dune variable picturale permettant de comparer jusquà huit versions illustrées différentes. Dans dautres, la variable ne comprend que deux niveaux (p. ex. illustration abstraite vs illustration concrète, illustration analogique vs illustration littérale, dessin vs photo, style réaliste vs style simpliste, couleur vs noir et blanc).
L'illustration partielle (chap. 4.3). Certaines études portant sur le texte illustré contiennent une version expérimentale communément appelée " illustration partielle " ou " version partiellement illustrée ". Cette appellation nacquiert toute sa signification que par opposition à lillustration " complète ". Certaines informations du texte sont illustrées dans une version mais non dans une autre.
Dans les expériences mentionnées ci-après , les versions illustrées se distinguent de diverses manières: nombre dillustrations, image fixe ou en mouvement, image statique ou dynamique, illustration ambiguë ou non ambiguë, grandeur de lillustration, etc.
Le nombre d'illustrations (chap. 4.4)
L'image fixe vs l'image en mouvement (chap. 4.5)
L'image fixe statique vs l'image fixe dynamique (chap. 4.6)
L'illustration ambiguë vs l'illustration non ambiguë (chap. 4.7)
La grandeur de l'illustration (chap. 4.8)
Versions illustrées: d'autres comparaisons (chap. 4.9)
L'agencement spatio-temporel (chap. 5). Dans une étude picto-verbale, on peut faire varier expérimentalement trois dimensions, à savoir lillustration, le texte ou lagencement spatio-temporel entre lillustration et le texte. Dans ce dernier cas, la variable picturale dintérêt est le type dagencement entre les composantes picturale et linguistique, qui sont tenues constantes dans les traitements expérimentaux. Par agencement spatio-temporel, nous voulons dire que le type dagencement entre les deux composantes peut être décrit soit en termes temporels (i.e. lillustration est présentée aux sujets avant / pendant / après le texte), soit en termes spatiales (i.e. lillustration figure en haut / en bas, à gauche / à droite du texte).
L'illustration vs l'image mentale (chap.6.2). Dans la littérature, le terme " image " renvoie à deux concepts distincts, qui entretiennent toutefois un lien. Ces deux concepts sont celui de l" image mentale " (ou dimagerie mentale) et celui de l" illustration ". Par image mentale, on désigne un état psychologique des sujets, une réalité interne non visible: les sujets essaient de simaginer, de se représenter, de " voir " ou de générer une image interne. Par illustration, on désigne une réalité visuelle externe aux sujets, par exemple limage quon peut observer dans un livre (limage imposée aux sujets, comme diraient certains). Si le présent volume a comme objet danalyse lillustration et non limage mentale, il contient toutefois plusieurs expériences ayant comme but détablir un pont entre limage interne et externe, entre limage générée et limage imposée. Toutes ces expériences décrivent minimalement deux conditions expérimentales, soit texte illustré et texte + image mentale. On y compare la contribution de lillustration à la compréhension de texte par des sujets avec celle dune stratégie de génération dimages mentales par les sujets en présence du même texte en version non illustrée. Dautres conditions peuvent sajouter à ces deux (cf. chap. 6.3).
L'illustration et l'image mentale: effets d'interaction (chap. 6.3). Certains auteurs combinent expérimentalement la présence ou labsence de lillustration avec la présence ou labsence dune consigne qui incite les sujets à générer une image mentale (+illustration/+image mentale; +illustration/-image mentale; -illustration/+image mentale; -illustration/-image mentale), soit au moyen dune variable à quatre niveaux (p. ex. Jawitz, 1989), soit au moyen de deux variables comportant chacune deux niveaux (p. ex. Rasco, Tennyson et Boutwell, 1975:1-3).
Stratégies mnémoniques particulières (chap. 6.4). Dans ces expériences, la génération d'images mentales se fait selon des techniques mnémoniques qui, pour la plupart, s'inspirent de la méthode du mot clé, conçue par Atkinson (1975).
Le mode pictural vs le texte (chap. 7). Les expériences identifiées dans cette colonne permettent la comparaison directe des modes pictural (illustration, film) et linguistique. Ainsi, dans les deux versions expérimentales comparées lune à lautre, le matériel expérimental comprend soit lillustration (ou le film muet), soit le texte, mais pas les deux à la fois.
L'incompatibilité picto-verbale (chap. 8). Dans la plupart des expériences, lillustration et le texte ne se contredisent pas. Les composantes picturale et linguistique du matériel expérimental sont plutôt compatibles sémantiquement, voire partiellement redondantes. Nous distinguons ces expériences de celles caractérisées par un matériel picto-verbal délibérément incompatible (p. ex. Cowen, 1984:2 et 1984:3). Cette distinction simpose puisque les deux catégories détude ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Létude de lefficacité de lillustration par rapport au texte au chapitre 2 par exemple na de sens que pour du matériel picto-verbal compatible. Dans certaines expériences, la variable picturale comprend plus dune version illustrée, dont lune étant considérée compatible et lautre incompatible sur le plan picto-verbal (p. ex. Grinnell, 1982). Dans dautres, la compatibilité ou lincompatibilité des composantes picturale et linguistique découle de la nature même du test (par exemple Guenther, 1980). Les expériences réunies dans ce chapitre portent sur le texte illustré ou le film.
1.7.3 Troisième colonne du tableau-synthèse 1.7
L'hyperlien "Inf. générales" de la troisième colonne permet d'accéder rapidement à des renseignements généraux supplémentaires relatives aux recherches énumérées. En voici un exemple.
| Illustration ou film | illustration |
| L'illustration contient des mots | oui |
| Nombre de mots par illustration (moyenne) | 52 |
| L'article présente une ou plusieurs illustrations | non |
| Mode d'appréhension du texte | écoute, lecture |
| Type de texte | informatif |
| Âge des sujets expérimentaux | primaire |
| Nombre de variables indépendantes | 3 |
| Nombre de mesures dépendantes | 2 |
Illustration ou film. Bien que lobjet détude principal de louvrage soit lillustration (i.e. limage fixe), certaines études portant sur le film (i.e. limage en mouvement) permettent, elles aussi, détudier divers rapports picto-verbaux.
L'illustration contient des mots. Lillustration qui accompagne un texte peut elle-même contenir des informations linguistiques. Dans plusieurs études, la présence de mots-étiquettes à lintérieur de lillustration, reliés par un tiret à certaines parties de celle-ci, a comme fonction de préciser ou de désambiguïser linformation picturale. On les retrouve souvent dans des illustrations abstraites, analogiques ou schématiques (p. ex. Burdick, 1959; Garrison, 1978:1; Dwyer, 1967-1976; McAlister, 1991; Purnell et Solman, 1991). Certains organisateurs graphiques sont littéralement incompréhensibles sans la présence de mots (p. ex. Guri-Rozenblit, 1988, 1989; Holliday et Harvey, 1976). Il en est de même pour certaines cartes routières ou géographiques (p. ex. Kulhavy, Lee et Caterino, 1985). Lajout dune légende reliée à lillustration peut avoir une fonction semblable (p. ex. Gilmartin, 1982).
Nombre de mots par illustration (moyenne). Ce paramètre est un des indicateurs permettant de se prononcer sur limportance relative de lillustration par rapport au texte. Pour lobtenir, il faut diviser le nombre total de mots du texte par le nombre total dillustrations. Toute chose étant égale, plus la composante picturale est importante par rapport à la composante linguistique, plus le ratio est petit (ex.: texte de 1000 mots accompagné de 10 illustrations = ratio 100; texte de 1000 mots accompagné de 100 illustrations = ratio 10). Les nombreuses valeurs manquantes dans cette colonne traduisent le peu dimportance accordée à ce paramètre dans les études picto-verbales en général. Dans quelques études, par contre, le nombre de mots par illustration représente la variable indépendante (p. ex. Martinez-Boyd, 1987; O'Keefe et Solman, 1987:3).
L'article présente une ou plusieurs illustrations. Étant donné limportance quoccupe lillustration (le film) en tant que variable picturale dans les expériences, la présentation dun exemple pictural peut aider le lecteur à mieux comprendre le phénomène analysé. Dans certaines études, on se contente de décrire lillustration plutôt que den fournir un exemple.
Mode dappréhension du texte. La composante linguistique du matériel expérimental peut être présentée aux sujets expérimentaux par écrit (p. ex. livre, écran dordinateur) ou oralement (p. ex. cassette audio, lecture faite à voix haute par lexpérimentateur). Les deux conditions correspondent respectivement à des situations de lecture et découte. Dans certaines expériences, lopposition oral - écrit représente lune des variables indépendantes (p. ex. Nugent, 1982:1; Piolat, Denhière et al., 1986). À loccasion, sa présence permet létude dun effet dinteraction avec la variable picturale.
Type de texte. Dans le texte narratif, des protagonistes, généralement humains, interagissent entre eux et évoluent à travers une série dévénements. Ces " histoires " accordent quelquefois une place au discours direct, avec les marqueurs linguistiques que cela entraîne. Le vocabulaire utilisé dans le texte narratif est souvent connu et na pas besoin dêtre expliqué. Au texte narratif, nous opposons globalement le texte informatif dont certaines des caractéristiques sont labsence du discours direct, un vocabulaire à loccasion technique et spécialisé qui nécessite dêtre expliqué dans le texte lui-même. Cette classification, si approximative quelle soit, ne peut toutefois sappliquer aux phrases isolées.
Âge des sujets expérimentaux. Dans les recherches, lâge des sujets expérimentaux est généralement mentionné, même lorsquil ne sagit pas dune variable du plan expérimental. Comme la très grande majorité des études est réalisée dans le milieu denseignement, le niveau scolaire est souvent utilisé comme indicateur approximatif de lâge des sujets (correspondance approximative: préscolaire = jusquà 6 ans, primaire = de 6 à 12 ans, secondaire = de 12 à 18 ans, université et adultes = à partir de 18 ans).
Nombre de variables indépendantes. On y indique le nombre de variables étudiées dans chaque expérience. Sauf exception, il sagit de variables qualitatives (i.e. nominale, ordinale) ou de variables ayant été transformées en variables qualitatives pour satisfaire aux besoins du plan expérimental (p. ex. lecteurs forts vs lecteurs faibles). On trouvera une description détaillée des variables dans le résumé de chaque recherche. Le nombre de niveaux (ou valeurs) de la variable, le type de comparaison (intragroupe vs intergroupes) y sont indiqués ainsi que les critères dopérationnalisation. Notons que nous avons systématiquement utilisé dans louvrage le terme " variable " comme synonyme de " variable indépendante ". Le terme " mesure " (ou " mesure dépendante ") remplace celui de " variable dépendante ".
Nombre de mesures dépendantes. Cette rangée indique le nombre total de mesures dépendantes (bref: mesures) utilisées dans chaque expérience. Nous en parlerons dans louvrage simplement comme " mesures " ou " mesures dépendantes ", en utilisant le terme " variables " pour désigner exclusivement les variables indépendantes. Ce choix terminologique, sans incidence méthodologique, na été fait que dans le but dalléger le texte.
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