Chapitre 3. Effets d’interaction de l’illustration avec d’autres variables

3.1 Problématique

Les expériences répertoriées au présent chapitre satisfont aux conditions suivantes:

Le phénomène d’interaction entre les variables est bien connu en recherche expérimentale. Le résultat relatif à une variable (son " effet simple " ou son " effet principal ") varie en fonction d’une autre ou d’autres variables. Idéalement, l’effet d’interaction entre les variables est analysé dans le cadre d’un modèle général d’analyse de variance (ANOVA, ANCOVA, MANOVA, MANCOVA). Une analyse de variance, dans une de ses différentes variantes, permet d’étudier non seulement l’effet simple associé à chaque variable indépendante, mais aussi les interactions entre deux ou plusieurs des variables. Dans le cas d’une analyse de variance à deux variables, huit résultats combinatoires peuvent être obtenus:

 

(1)

(2)

(3)

(4)

(5)

(6)

(7)

(8)

Variable A

sig

sig

sig

sig

non sig

non sig

non sig

non sig

Variable B

sig

sig

non sig

non sig

sig

sig

non sig

non sig

Interaction A x B

sig

non sig

non sig

sig

sig

non sig

non sig

sig

 

Puisque, dans ce chapitre, la variable picturale d’intérêt principal oppose les versions illustrée et non illustrée d’un texte (Variable A), il est possible d’évaluer sa stabilité à la lumière d’autres variables telles que l’âge des sujets, leur aptitude, etc. (Variable B). Lorsqu’il y a une interaction statistiquement significative, l’effet simple de la variable picturale doit être interprété à la lumière de cette interaction. Dans certains cas, l’interaction restreint la généralisabilité et le domaine d’application des effets simples.

Dans l’exemple qui suit, la variable illustration (texte illustré vs texte non illustré) est croisée avec la variable âge (enfants vs adultes).

   

ILLUSTRATION

   

Texte illustré

Texte non illustré

ÂGE Enfants

moyenne 1

moyenne 2

  Adultes

moyenne 3

moyenne 4

 

Un tel plan expérimental permet différentes comparaisons, nommément:

Les tableaux ci-dessous illustrent quelques-unes des interactions possibles. Dans le premier, l’effet pictural ne se fait sentir qu’auprès des enfants, les adultes n’étant pas influencés par la présence ou l’absence de l’illustration. Dans ce cas, il n’est pas possible d’affirmer la supériorité d’une version sur l’autre de façon générale.

   

ILLUSTRATION

 
   

Texte illustré

Texte non illustré

Moyenne

ÂGE Enfants

30

20

25

  Adultes

50

50

50

  Moyenne

50

35

 

 

Dans le deuxième tableau, les deux populations sont affectées par la variable picturale, mais de façon diamétralement opposée. Cet exemple montre l’importance d’analyser l’effet simple des variables à la lumière de l’effet d’interaction. L’effet simple de la variable picturale, étudié hors contexte, pourrait laisser croire qu’elle n’a pas d’impact sur les deux populations.

   

ILLUSTRATION

 
   

Texte illustré

Texte non illustré

Moyenne

ÂGE Enfants

30

20

25

  Adultes

50

60

55

  Moyenne

40

40

 

 

Dans le tableau ci-dessous, les deux populations bénéficient de la présence de l’illustration de façon analogue, quoique à des degrés variables. Cet exemple montre l’importance d’étudier l’effet d’interaction au moyen d’une analyse de variance et non seulement de tests post hoc. L’utilisation exclusive de comparaisons statistiques binaires (p. ex. test de Dunn, t de Student) risque de ne pas révéler l’existence d’un tel effet d’interaction. Les deux populations sont affectées significativement par la présence de l’illustration, la seule différence étant le degré d’impact de la présence de l’illustration.

   

ILLUSTRATION

 
   

Texte illustré

Texte non illustré

Moyenne

ÂGE Enfants

30

20

25

  Adultes

50

30

40

  Moyenne

40

25

 

 

Enfin, dans le quatrième tableau, l’effet d’interaction est non significatif, bien que les effets simples des deux variables soient significatifs.

   

ILLUSTRATION

 
   

Texte illustré

Texte non illustré

Moyenne

ÂGE Enfants

30

20

25

  Adultes

50

40

45

  Moyenne

40

30

 

 

La représentation visuelle des interactions sous forme de figures facilite leur compréhension. Nous y avons recours dans ce chapitre chaque fois qu’une interaction est statistiquement significative dans le cadre d’une analyse de variance, ou que les tests post hoc permettent le de croire. (Strictement parlant, l’interaction entre variables ne peut être déterminée que dans le cadre d’une analyse de variance. Toutefois, en absence de telles statistiques dans les expériences concernées, nous nous appuyerons sur les tests post hoc pour inférer l’existence possible d’un effet d’interaction.) Dans les figures qui suivent, l’effet d’interaction significatif se traduit par le non-parallèlisme, voire l’intersection des deux droites. L’absence d’interaction, représentée à la dernière figure, se traduit par le parallélisme (approximatif) des deux droites.

 

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