Quel est l'impact du niveau d'abstraction d'une illustration sur les préférences des sujets? Leur préférence envers une illustration confirme-t-elle l'effet réel obtenu pour cette même illustration quant à leur compréhension de texte? Les préférences des sujets sont généralement identifiées à laide dune auto-évaluation, suscitée au moyen de questions avec les options de réponse sur une échelle bipolaire (Dwyer, 1969b, mesure 7: parfaitement d'accord / d'accord / je ne saurais dire / en désaccord / totalement en désaccord; McAlister, 1991, mesure 3: Je haïs le texte (1) - J'aime beaucoup le texte (5)). Samuels, Biesbrock et Terry (1974) font choisir les sujets parmi deux ou trois options (oui / non; beaucoup / un peu / pas du tout), tandis que Sloan (1971) et Ramsey (1982) demandent aux sujets de mettre en ordre de préférence les quatre types d'illustration (le mieux aimé = 1 - le moins bien aimé = 4). Les questions posées ne se distinguent pas seulement sur le plan de la forme. Dans McAlister (1991) et Samuels, Biesbrock et Terry (1974), elles se rapportent au texte illustré dans sa totalité; dans Sloan (1971) et Ramsey (1982), elles varient selon que l'illustration est présentée seule (jugement sur l'illustration) ou en présence du texte (jugement d'adéquation entre l'illustration et le texte). Dans les études de Dwyer, les questions mettent laccent sur l'adéquation picto-verbale et suscitent de la part des sujets une évaluation de l'utilité de l'illustration par rapport au texte. Ces jugements peuvent par la suite être situés par rapport aux tests de compréhension administrés concurremment.
Le tableau 4.2.4 présente les études permettant d'étudier les
jugements préférentiels et d'utilité exprimés par les sujets après l'administration
du traitement expérimental.
Tableau
4.2.4 |
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Auteur |
Variable indépendante |
Mesure dépendante |
Résultats (p < 0,05) |
| Dwyer (1969b, 1971a, 1971f) | Dessins aux traits abstraits ou précis, photos d'un modèle ou photos réalistes; en couleur ou en noir et blanc (sauf dans Dwyer 1969b) | Voir les résumés | Pas de validation statistique des jugements subjectifs des sujets |
| McAlister (1991) | Var 1.1: Illustration analogique Var 1.2: Illustration schématique |
M1-M3: Appréciation | analogique = schématique |
| Ramsey (1982) | Var 4.1: Photo Var 4.2: Cartoon Var 4.3: Illustration descriptive Var 4.4: Illustration expressive |
Préférence (voir aussi Note 2 du résumé de larticle) | photo = cartoon > illustrations (mais interaction) |
| Samuels, Biesbrock et Terry (1974) | Var 1.2: Illustration détaillée
en couleur Var 1.3: Dessin au trait en noir et blanc |
M1-M3: Préférence | M1 et M2: couleur = noir et blanc M3: couleur > noir et blanc |
| Sloan (1971) | Var 5.1: Photo en couleur Var 5.2: Illustration réaliste Var 5.3: Illustration stylisée Var 5.4: Bande dessinée |
Préférence (voir aussi Note 2 du résumé de larticle) | photo > autres versions |
Trois des études signalent des différences entre les versions illustrées pour au moins une des mesures affectives. Deux fois sur trois, les résultats indiquent une préférence des sujets pour la version illustrée la plus réaliste. Dans Sloan (1971), les enfants préfèrent la photographie aux dessins, et dans Samuels, Biesbrock et Terry (1974), les illustrations détaillées en couleur aux dessins au trait en noir et blanc. Le choix des enfants dans Ramsey (1982) révèle un phénomène plus complexe. Les enfants aiment le dessin de type " cartoon " autant que les photographies, et ces deux plus que les illustrations descriptives ou expressives. Mais cet ordre de préférences n'est pas constant. Il interagit avec labsence ou la présence dun texte. Dans le cas de la présence du texte, les préférences dépendent de la nature du texte (informatif vs expressif).
La version illustrée la plus appréciée des sujets est-elle en même temps celle qui a le meilleur effet sur leur compréhension du texte? Pour répondre à cette question, il faut comparer les mesures affectives et cognitives à l'intérieur d'une même étude. Les études de McAlister (1991) et de Dwyer (1969b, 1971a, 1971f) ont fait une telle comparaison, mais ont obtenu un résultat peu concluant. Dans McAlister (1991), les sujets n'ont pas de préférence prononcée pour l'une des deux versions illustrées, tandis que les mesures cognitives, significatives trois fois sur quatre, pointent dans des directions opposées. Quant aux études de Dwyer, l'absence de tests statistiques réduit leur portée. D'après l'auteur, la perception subjective qu'ont les sujets à propos de l'utilité des différents types d'illustration (dessins vs photos, couleur vs noir et blanc) n'est pas toujours compatible avec les résultats obtenus aux posttests (voir la partie Discussion dans les résumés de Dwyer, 1969b, 1971a et 1971f).