ge76g.gif (41372 octets)Germain, C. (1976). L'image dans l'apprentissage des langues. Communication et Langages, 29 (1), 51-68.

L'auteur étudie l'efficacité de l'illustration pour enseigner une langue seconde au moyen d’une méthode audiovisuelle.

Voir aussi Tableau-synthèse 1.7


Sujets. Cinquante étudiants francophones et anglophones de l'Université d'Ottawa, âgés entre 18 et 25 ans, participent à l'expérience. La plupart des francophones sont bilingues (français et anglais), tandis que la plupart des anglophones sont unilingues. Aucun des étudiants ne parle le russe.


Traitement. Le matériel expérimental consiste en 40 illustrations d'une méthode d'enseignement audiovisuelle intitulée Le Français et la vie (voir quelques exemples dans l’encadré). Les illustrations sont présentées à l'aide d'un projecteur. Elles sont accompagnées de la traduction russe des dialogues. Les deux leçons sont présentées une première fois à un rythme normal, et une deuxième fois à une vitesse moindre. Les étudiants écrivent alors dans un questionnaire (français ou anglais, selon leur langue d'usage) la traduction présumée des dialogues qui correspondent aux 40 illustrations.

Mesure. Les réponses données sont catégorisées comme suit: a) phrase dont le sens est l'équivalent de celui du texte original; b) phrase de sens équivalent à celui du texte, mais comprenant des éléments supplémentaires par rapport au texte; c) phrase plus courte que celle du texte mais qui en respecte le sens; d) phrase qui comprend un léger contresens par rapport au texte; e) phrase comportant un gros contresens; f) pas de réponse. Les réponses des types a) à c)sont considérées comme des réponses correctes, et les autres, comme des réponses incorrectes.


Résultats et discussion. Dans l'article, les résultats descriptifs sont présentés graphiquement. Transformés en chiffres, ils indiquent pour les illustrations de la première leçon un pourcentage de réussite moyen de 76,22 (score moyen de 38,11; écart-type de 9,87) et pour les illustrations de la deuxième leçon, un pourcentage de réussite moyen de 53.6 % (score moyen de 26,8; écart-type de 15,30). Les résultats relatifs à 26 des 40 illustrations sont discutés en détail. Sur cette base, l'auteur conclut que:

" Il y a trois situations dans lesquelles ces images fonctionnent bien:
- lorsqu'il s'agit de représentations de situations physiques concrètes associées à des clichés ou stéréotypes linguistiques;
- lorsque le symbolisme auquel fait appel le dessinateur est assez largement répandu;
- lorsqu'il y a présence d'un certain type de mots écrits.
À l’opposé, j’ai tenté de mettre en lumière certaines difficultés d’interprétations:
- lorsqu'il s'agit de représenter des verbes d'action, des concepts abstraits et certains sentiments;
- lorsque le symbolisme utilisé repose sur des conventions peu admises ou propres au dessinateur;
- lorsqu'il y a incohérence au niveau même du texte à illustrer, découpage peu naturel des énoncés, imprécision dans la situation de communication;
- enfin, lorsqu'il y a infidélité aux lois de la perception ou faiblesse d'ordre technique " (p. 65-66).


Références bibliographiques. Total de 6 références.