Paris, S. G. et Mahoney, G. J. (1974). Cognitive integration in children's memory for sentences and pictures. Child Development, 45, 633-642.

Les auteurs étudient la façon dont des enfants de 7 - 11 ans retiennent et traitent l’information présentée verbalement et / ou picturalement. Dans un test, les enfants doivent décider si des phrases ou des illustrations sont identiques ou non à celles qu'ils ont vues / entendues pendant la période d'acquisition.

Voir aussi Tableau-synthèse 1.7


Variables. 2 (âge) x 2 (sexe) x 4 (relation; intragroupe) x 3 (mode de présentation) x 2 (vrai/faux; intragroupe) x 2 (fait/inférence; intragroupe)


Sujets. Soixante-douze enfants participent à l'expérience.

Variable 1: Âge / niveau scolaire
1.1 Enfants de 2e année du primaire (n = 36).
1.2 Enfants de 4e année du primaire (n = 36).

Dans chaque groupe d'âge, les enfants sont assignés aléatoirement à l’une des trois conditions expérimentales, chacune comprenant douze enfants, soit six garçons et six filles (Variable 2: Sexe).


Traitement. Pendant la période d'acquisition, quatre événements sont présentés aux enfants soit oralement, soit à l'aide d'images. Chaque événement est présenté à l'aide de trois énoncés linguistiques (ex.: The box is to the right of the tree. The chair is on top of the box. The tree is green and tall.) ou de trois illustrations correspondant à ces énoncés.

Variable 3: Relation spatiale montrée dans les textes / illustrations
3.1
Relation gauche - droite.
3.2 Relation plus haut - plus bas.
3.3 Relation en haut - en bas.
3.4 Relation en avant - an arrière.

Au moment du test, les histoires sont entendues / vues une deuxième fois, en plus de certaines phrases-distracteurs semblables à celles entendues en phase d'acquisition.

Variable 4: Mode de présentation des histoires pendant la période d'acquisition et de test
4.1 Illustration (période d'acquisition)- illustration (test).
4.2 Texte - texte.
4.3 Illustration - texte.

Pendant le test, les enfants doivent dire si les phrases ou les illustrations sont identiques ou non à celles qu'ils ont vues / entendues pendant la période d'acquisition.

Variable 5: Par rapport à la période d'acquisition, les phrases / illustrations peuvent être vraies (Variable 5.1) ou fausses (Variable 5.2).

Variable 6: Par rapport à la période d'acquisition, les phrases / illustrations peuvent contenir des faits (Variable 6.1) ou des inférences (Variable 6.2).

Le test donne lieu aux mesures 1 - 4.

Mesure 1. Nombre de réponses affirmatives.

Mesure 2. Jugement de confiance, avec une réponse à donner sur une échelle à trois (vraiment sûr, assez sûr, pas si sûr).

Mesure 3. Nombre d'erreurs (i.e. réponses affirmatives) pour des faits/inférences qui sont faux. Mesure 4. Nombre d'erreurs commises dans le cas des phrases-distracteurs présentées au test (i.e. nombre de réponses affirmatives).


Résultats. Analyse de variance à cinq facteurs, Tukey.

Mesure 1. Les variables âge, vrai/faux et fait/inférence sont significatives, de même que l'interaction âge x mode de présentation x fait/inférence.

Mesure 1. Réponses affimatives
 

Var 4.1:
Illustration - illustration

Var 4.2:
Texte - texte

Var 4.3:
IIlustration - texte

Var 1.1 (2e année)
Var 5.1 - Var 6.1: Vrai - fait

83,3

72,9

85,4

Var 5.2 - Var 6.1: Faux - fait

37,5

45,8

41,7

Var 5.1 - Var 6.2: Vrai - inférence

89,6

72,9

62,5

Var 5.2 - Var 6.2: Faux - inférence

45,8

50,0

37,5

Var 1.2 (4e année)
Var 5.1 - Var 6.1: Vrai - fait

87,5

66,7

79,2

Var 5.2 - Var 6.1: Faux - fait

33,3

35,4

37,5

Var 5.1 - Var 6.2: Vrai - inférence

66,7

62,5

75,0

Var 5.2 - Var 6.2: Faux - inférence

27,1

29,2

29,2

 

Mesure 2. Les pourcentages sont de l'ordre de 76 % (fait vrai), 52 % (inférence fausse, fait faux) et 44 % (inférence, vraie).

Mesure 3. Les événements comprenant la relation gauche - droite donne lieu à plus d'erreurs que les trois autres événements. L'interaction texte x mode de présentation est attribuable principalement au nombre peu élevé d'erreurs du traitement illustration - illustration pour l’événement comprenant la relation plus haut - plus bas.

Mesure 3. Nombre d'erreurs pour faits / inférences faux
 

Var 3.1:
Gauche - droite

Var 3.2:
Plus haut - plus bas

Var 3.3:
En haut - en bas

Var 3.4:
En avant - en arrière

Var 1.1 (2e année)
Var 4.1: Illustration - illustration

54,2

62,5

37,5

37,5

Var 4.2: Texte - texte

41,7

45,8

37,5

33,3

Var 4.3: Illustration - texte

54,2

16,7

54,2

45,8

Var 1.2 (4e année)
Var 4.1: Illustration - illustration

45,8

29,2

29,5

25,0

Var 4.2: Texte - texte

58,3

33,3

16,7

25,0

Var 4.3: Illustration - texte

50,0

4,2

33,3

37,5

 

Mesure 4. Analyse de variance à cinq facteurs.

Mesure 4. Nombre d'erreurs dans le cas des phrases-distracteurs
 

Var 4.2:
Texte - texte

Var 4.3:
Illustration - texte

Var 1.1 (2e année)
Var 5.1 - Var 6.1: Vrai - fait

41,7

45,8

Var 5.2 - Var 6.1: Faux - fait

45,8

39,6

Var 5.1 - Var 6.2: Vrai - inférence

47,9

58,3

Var 5.2 - Var 6.2: Faux - inférence

46,9

39,6

Var 1.2 (4e année)
Var 5.1 - Var 6.1: Vrai - fait

39,6

83,3

Var 5.2 - Var 6.1: Faux - fait

37,5

41,7

Var 5.1 - Var 6.2: Vrai - inférence

47,9

64,6

Var 5.2 - Var 6.2: Faux - inférence

45,8

56,8


Discussion. " In the recognition memory task of this study, children had difficulty differentiating semantically consistent inferences from original sentences. The most plausible interpretation of this finding is that children implicitly constructed semantic relationships among sentences and integrated the relationships into holistic schemata in memory. [...]

The need for broader models of language comprehension is partly due to contemporary concern with more complex aspects of language. Explanatory models based on words or sentences as basic units of language may be inappropriate in explaining comprehension of prose and paragraphs. This does not imply that these models are necessarily incorrect for their intended purpose or are without value but, rather, that they are incomplete in their extension to more complex behavior. [...]

The present study extends previous research in several critical areas. First, this study demonstrates the reliability of the semantic integration phenomenon with a variety of spatial locative relationships in children’s sentence memory (Paris & Carter 1973). Children, as well as adults, are not only capable of deriving inferences from sentences but, more importantly, they appear spontaneously to construct and retain implied information in memory. [...]

The second extension of this investigation was the inclusion of propositionally similar recognition items. [...]

The third and most important aspect of this study was the extension of the semantic integration paradigm to pictorial stimuli. Children did not store the pictures as static or eidetic copies, but, rather, it appears that subjects incorporated sequential visual relationships into unified representations. Although it is unclear where this integration occurred (e.g., encoding, storage, decoding), it appears to reflect Bruner’s (1973) notion of the construction of behavior rather than the acquisition of responses and is not unlike Piaget’s notion of assimilation to schemata " (p. 639-640).


Références bibliographiques. Total de 20 références dont:

Bruner, J. S. (1973). Organization of early skilled action. Child Development, 44, 1-11.

Paris, S. G. et Carter, A. Y. (1973). Semantic and constructive aspects of sentence memory in children. Developmental Psychology, 9, 109-113.