Almasy, P. (1974). Le choix et la lecture de l'image d'information. Communication et langages, 22, 57-69.

«Dans de très nombreuses études consacrées aux questions qui concernent la sémiologie de l'image, cette dernière est définie comme un langage. Je conteste cette définition. On peut parler du langage de l'image, mais dire que l'image est un langage est une erreur grave et cette définition est inacceptable comme base de recherches, sans parler des cas où l'erreur est poussée jusqu'à l'affirmation que l'image est un langage universel.» (p. 57)

«Les erreurs généralement commises au moment de la rédaction d'une image peuvent être groupées en cinq catégories.

1. Trop grande ambiguïté sémantique: parmi les informations que l'image contient, le lecteur doit sans grand effort déceler l'information principale. L'image doit être rédigée de façon que les interprétations de plusieurs lecteurs appartenant au même milieu culturel ne puissent pas présenter un trop grand écart.

2. Manque d'échelle: elle rend l'identification difficile et, dans certains cas, impossible. L'image d'une statue où rien, dans l'environnement, ne donne l'échelle de ses dimensions n'est qu'une information tronquée et elle nécessite une légende contenant les mensurations de la statue. Une bonne rédaction exige qu'un composant de l'image contienne ces renseignements. [...]

3. L'utilisation d'un "vocabulaire" qui n'est pas celui du lecteur. Quand une image est rédigée avec des composants sans signification pour lui ou avec une signification différente de celle que le rédacteur de l'image leur donne, la communication iconographique devient impossible, au niveau non seulement de l'impression des composants, mais aussi de l'identification. C'est l'erreur que les rédacteurs d'images commettent souvent.

4. Valeur esthétique prédominante: elle fait de l'image utilitaire une image artistique. Le lecteur la trouve belle avant de lire le message qu'elle doit communiquer. Dans la lecture d'une image d'information, l'interprétation intellectuelle doit se manifester, en premier lieu, avec plus d'intensité que l'interprétation émotionnelle.

5. Contradiction entre les composants: prenons comme exemple une image qui doit communiquer au lecteur des informations concernant la planification familiale dans un pays X, et qui montre une salle de cours, une infirmière qui explique au tableau le fonctionnement des organes sexuels féminins et un groupe de femmes qui l'écoutent. Le contexte - l'article que l'image accompagne - relate la nécessité urgente de réduire la croissance démographique du pays et l'on exhorte les femmes qui ont déjà trois ou quatre enfants à ne pas en avoir plus. Sur le mur de la salle, on voit un grand tableau représentant une mère avec son bébé dans les bras, souriante et très heureuse. Ce composant est en contradiction avec l'information principale et il peut gêner le lecteur dans l'interprétation de l'image.» (p. 68-9)